Lez Valenciennes, n° 36. Les sources anglaises de l'Encyclopédie

L'influence anglaise sur les Lumières françaises n'est plus à
démontrer. En revanche le chassé-croisé des origines et le jeu
complexe des citations et des attributions donne aux chercheurs
la matière d'un examen fouillé, permettant des approfondissements,
des réévaluations et même quelques surprises, en amont
comme en aval de l' Encyclopédie.
L'attraction de l'Angleterre s'exerce dans des domaines très
différents : le déisme de Tindal ou de Collins, le sensualisme
de Locke, la physique de Newton, la morale de Shaftesbury, le
nouveau roman de Richardson, l'humour de Swift, l'équilibre
politique, le génie économique et commercial. De cet immense
prestige, l' Encyclopédie ne pouvait que témoigner, d'autant plus
qu'elle est elle-même directement issue d'un ouvrage anglais, la
Cyclopaedia de Chambers (1728), dont elle ne devait être à l'origine
que la simple traduction, avant de se transformer en machine de
guerre contre l'Église et l'État.
Les études ici réunies entendent ainsi montrer, de manière
originale et pluridisciplinaire, comment cette influence travaille
le texte de l' Encyclopédie et sa composition.