Boys don't cry ! : les coûts de la domination masculine

Boys don't cry ! : les coûts de la domination masculine

Boys don't cry ! : les coûts de la domination masculine
2012330 pagesISBN 9782753518278
Format: BrochéLangue : Français

«Les féministes en font trop !» Les hommes seraient devenus sinon le sexe «faible», ou

du moins stigmatisé. Les moindres performances scolaires des garçons viendraient d'une perte

d'estime de soi du masculin. La plus discrète avance sexuelle serait recodée en harcèlement,

le goût de la compétition en agressivité. Voici quelques aspects d'un discours de la plainte,

de la hargne parfois, par lesquels des groupes d'hommes s'emploient à inverser la rhétorique

féministe pour se poser en victimes, revendiquer des droits dont ils seraient privés.

Le présent ouvrage se propose d'analyser ces discours, notamment en portant attention

aux propos «masculinistes», tels qu'ils s'affirment par exemple dans certaines organisations

de pères divorcés. Quels sont les arguments de ces groupes ? En quoi sont-ils symptômatiques

des évolutions et des perceptions des rapports de genre ? Peut-on évaluer leur impact,

qui varie entre Amérique du Nord et Europe ? Quels enjeux inséparablement politiques et

scientifiques portent des notions comme «coûts de la masculinité» ou «rôles de sexe» ?

Côté scientifique, l'enjeu est clair : il s'agit de poursuivre le travail de déconstruction

de la domination masculine en montrant que celle-ci n'a rien de naturel. Elle suppose des

investissements et implique des coûts, pour les femmes bien sûr, mais également pour les

hommes, comme le montrent des contributions sur la santé au travail, sur les effets de

l'association virilité-alcool, sur le double-jeu identitaire auxquels sont contraints certains

gays affirmant «homosexuels, oui, mais virils avant tout» !

Combinant prudence, rigueur et refus des tabous, ce livre revendique donc la vertu de

l'insolence scientifique en posant la question des coûts des masculinités. Le radicalisme qui

consiste à refuser de parler d'une thématique sous prétexte qu'elle a été inaugurée par des

mouvements étymologiquement réactionnaires n'est en effet guère satisfaisant. Les sciences

sociales doivent reconquérir ce terrain miné par les conflits socio-politiques et prendre au

sérieux la question des coûts par une objectivation sociologique : qui veut lutter efficacement

contre un processus de domination doit apprendre à mieux le connaître sous toutes ses

facettes, sans questions tabous. Les textes rassemblés ici ont en commun le double souci de

ne jamais oublier qu'une domination suppose des cibles - qui restent ici les femmes -, mais

qu'elle ne s'exerce par ailleurs jamais sur le mode passif de la rente, d'un solde où les profits

ne supposeraient ni investissement, ni contrepartie. Outre de nombreuses études de terrain

inédites, l'ouvrage propose trois traductions de textes anglophones classiques et novateurs,

jusque-là indisponibles aux lecteurs francophones.

«Les garçons, ça ne pleure pas !», mais sauver la face n'est pas toujours indolore pour

autant...

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