Le voyage à Genève : une géographie littéraire

Stendhal, Chateaubriand, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Gustave Flaubert, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Marie-Anne Cochet, Gérard Bauër, Pierre Gascar, Nicolas Bouvier
<<N'est-il pas glorieux pour une petite ville de vingt-six mille habitants de forcer le voyageur à consacrer trois pages à la description de son caractère ?>> s'interroge Stendhal dans ses <<Mémoires d'un Touriste>>, <<Sublime de beauté>>, Genève, ville incontournable, Rome du calvinisme, patrie de Rousseau, a toujours exercé une fascination sur les écrivains étrangers. Bertrand Lévy a réuni dans <<Le Voyage à Genève>> dix auteurs français, selon lui d'une même famille spirituelle, parmi lesquels sept des plus prestigieux écrivains de l'époque romantique. On y parle des charmes du paysage, de cette ville <<sans amour et sans haine>>, de cet <<esprit de Genève>>. En dépit de tous les bouleversements qui marquent la fin de ce siècle, il semble, à la lecture de ces textes, que cette <<âme>> de Genève, <<sévère et puritaine>>, par-delà le temps, reste immuable, et que la ville continue à assimiler l'étranger sans en subir l'influence. Parmi tous ces écrivains célèbres, on découvre un opuscule d'une auteure inconnue, Marie-Anne Cochet, écrit après la Première Guerre mondiale ; il dresse un état des lieux qui conserve une actualité étonnante. Pour clore <<Le Voyage à Genève>>, Nicolas Bouvier, l'écrivain genevois, pose son regard poétique sur la ville enfermée dans <<La Chambre rouge>>.