Le bien des pauvres : la consommation populaire en Avignon (1600-1800)

Le bien des pauvres : la consommation populaire en Avignon (1600-1800)

Le bien des pauvres : la consommation populaire en Avignon (1600-1800)
Éditeur: Champ Vallon
2004275 pagesISBN 9782876734043
Format: BrochéLangue : Français

Le bien des pauvres, ce sont leurs vêtements, leurs bijoux, leurs ustensiles

de cuisine, leur vaisselle de table ou encore leur literie. Bref, tout ce monde

banal qui composait le cadre de la vie quotidienne sous l'Ancien Régime.

Si nous connaissons assez bien le patrimoine des riches, celui des pauvres

dans sa globalité reste largement inconnu.

Ce livre vise à réparer cette distorsion de l'historiographie. Il explore un

fond massif, les archives du mont-de-piété d'Avignon, institution unique

dans la France des temps modernes : de 1600 à 1800, on conserve la trace

du passage de plus de 600 000 Avignonnais et du dépôt de près d'un

million d'objets.

Jeanne Carême est la première femme de cette longue cohorte. Son portrait

introduit au portrait de groupe, celui des gens de peu : portefaix du

Rhône, jardiniers de l'intra-muros, artisans de la soie, courtières et fripiers

juifs. Tous participent à une économie souterraine où le mont tient une

place centrale, à la fois institution d'assistance transformée en établissement

de crédit et centre d'échanges de fripe et de brocante. Derrière les

objets il y a surtout les femmes qui jouent un grand rôle dans la naissance

de la consommation populaire. Il y a encore des gestes, des manières de

vivre et de sentir, de cuisiner, de dormir, de s'éclairer. Il y a enfin des

manières de s'habiller et de paraître.

Ce livre montre comment le jeu des apparences se met en place, subtilement

à travers des petits riens, des retouches dans les formes, des jeux

d'accessoires. Les tissus changent et se renouvellent ainsi que les formes et

les coupes. Avec les indiennes et le piqué s'esquisse ce qui deviendra le

costume provençal. Et la mode ne touche pas seulement le domaine vestimentaire

: c'est toute la culture matérielle d'autrefois qui, sur deux siècles,

évolue tantôt rapidement tantôt subrepticement.

Avec l'émergence d'une consommation populaire, il convient de s'interroger :

à la veille de la Révolution, le luxe et le superflu ne seraient-ils donc plus

réservés aux riches ?

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