La duchesse de Longueville

Belle, brillante, charmeuse irrésistible, Anne-Geneviève de
Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, fut portée par le feu
des passions. Elle incarne l'intrusion d'un pouvoir féminin dans le
domaine politique, chasse gardée des hommes. Personne de son
sexe n'est jamais allé aussi loin dans le défi à l'autorité royale, et
pourtant elle ne poursuit que la «gloire» chère aux héroïnes de
Corneille auxquelles elle ressemble tant.
Après des recherches dans les archives de Normandie, de l'Institut
et à la Bibliothèque de l'Arsenal, Arlette Lebigre écrit la première
grande biographie de la duchesse depuis Victor Cousin voici un
siècle et demi. Elle suit à la trace les péripéties vécues par son
héroïne dans le pays de Caux, identifiant ses repaires ainsi que les
noms de ses soutiens. Elle débrouille l'écheveau si compliqué de la
Fronde où la duchesse, reine de Paris un jour, se retrouve proscrite
le lendemain et entraîne mari, amant, et même son frère le Grand
Condé, vers Bordeaux et Rouen avant l'exil. Elle met en scène
l'affrontement avec Mazarin et Anne d'Autriche lorsque chaque
initiative peut précipiter en complot, duel, prison ou assassinat.
De cette éblouissante héroïne, toujours lancée dans l'aventure et le
combat, Arlette Lebigre trace un portrait saisissant. Voilà une
princesse qui avance dans le roncier d'intrigues de la Cour et de la
Fronde munie d'une seule boussole : l'orgueilleux refus d'un monde
où elle n'a plus sa place. Ou pas encore.