L'expression au-delà de la représentation : sur l'aisthêsis et l'esthétique chez Merleau-Ponty

La question qui anime tout ce travail est de savoir comment
la philosophie peut se rendre digne du «retour aux
choses mêmes». Chez Merleau-Ponty, ce retour implique, de
prime abord, une critique vigoureuse de la pensée représentative.
La phénoménologie merleau-pontienne nous enseigne
que la perception, ou plus précisément l' aisthêsis , précède le
domaine de la représentation. C'est donc à l' aisthêsis que la
phénoménologie doit remonter. Et c'est là tout l'intérêt d'une
ontologie de la peinture qui se démarque profondément d'une
ontologie de la représentation. Or, l'étude de Jenny Slatman
montre clairement que ce retour aux choses mêmes ne s'achève
pas simplement dans une philosophie de l'art. En effet, l'auteur
développe la thèse, à travers une lecture rigoureuse de
l'oeuvre de Merleau-Ponty, selon laquelle le retour aux choses
mêmes résulte en une transformation de l'expression philosophique.
Comparable à une oeuvre d'art, l'oeuvre ou l'expression
de la philosophie ne devrait pas s'enfermer dans des
concepts figés. Mais grâce à la force de la métaphore, le discours
philosophique peut rester à jamais ouvert et en mouvement
perpétuel.