L'ombre de la forge : la mine des aïeux

«S'ils revenaient nos aïeux... s'ils voyaient s'effondrer
la pierre, s'affaisser les villages, et que plus rien
n'existe de ce qui les avait fait vivre».
Hélène a trente-cinq ans, elle découvre ce pays, cette
Lorraine racontée : «brases, fumées, fer... lave, gerbes
d'étincelles».
Elle parcourt aujourd'hui, pour la première fois, les
rues de Moyeuvre. Cette fille des grands voyages, historienne,
archéologue, se sent minuscule dans son histoire.
Elle rencontre, là, Clément, qui lui n'a jamais quitté
ce lieu. Il l'entraîne au bord de son abîme. Elle est constante
et déterminée. Elle est sûre qu'elle sait aimer. Elle
est sûre que lui n'a jamais su. Elle retrouve à ses côtés
le pays des siens, celui du minerai des aïeux, le pays où
lui s'est perdu.
Hélène sent peser sur elle cette histoire, ce destin
brumeux.