Baudelaire, l'irréductible

Baudelaire
Contrairement à l'idée reçue qui fait de lui le précurseur des avant-gardes du XX<sup>e</sup> siècle, Baudelaire fut à la fois moderne et antimoderne. On l'éprouve ici devant certaines nouveautés qui l'obsédèrent : la presse, la photographie, la ville et l'art. C'étaient diverses facettes d'une même « chose moderne », fuyante et contradictoire, à laquelle il donna le nom de modernité.
Le poète allie devant elles l'horreur et l'extase : les journaux à grand tirage le dégoûtent, mais il assiège ces « canailles » de directeurs pour qu'ils le publient ; il attaque la photographie, mais il pose pour des clichés de légende. Cette ambivalence constitue la toile de fond du Spleen de Paris , sommet des contradictions du dernier Baudelaire, véritable objecteur de la conscience moderne.
Un Baudelaire insoupçonné autant qu'irréductible.