Le christianisme sans mystères

Le Christianisme sans mystères est la première oeuvre publiée de John Toland. OEuvre à scandale, ce texte entremêle les poncifs de l'anticléricalisme et de la libre-pensée aux principes de la critique biblique arminienne et à ceux de la noétique lockienne, pour démontrer que rien, dans la révélation chrétienne, ne saurait être tenu pour contraire ou au-dessus de la raison. La démonstration, volontiers paradoxale, ne se fonde aucunement sur un rationalisme qui ordonnerait la signification à l'ordre des idées claires et distinctes, mais, tout au contraire, sur une définition de la clarté linguistique qui doit ouvrir à tous les hommes la connaissance du contenu de la révélation, et étendre ainsi à tous la liberté d'examen. Défense de la tolérance contre l'appropriation cléricale du message émancipateur de l'Evangile, le Christianisme sans mystères ouvre l'importante série des oeuvres « critiques » de Toland concernant le « christianisme primitif », mais il pose aussi, indissociablement, les principes d'une défense politique, religieuse et philosophique de l'hétérodoxie.
La traduction du XVIII<sup>e</sup> siècle, manuscrite et anonyme, proposée ici, se fonde sur l'édition de 1702.