Cocaïne, manuel de l'usager

Au fil de cette anti-épopée, Julián Herbert drape la réalité crue et
désespérée du Mexique contemporain dans une atmosphère de
conte fantastique urbain.
«Appelez-moi par mon nom. Je suis installé à Baker Street.
Je dépense mon argent dans le True West qui emplit et vide mes
poumons. Toute bouffée d'oxygène est un cycle nasal : la corbeille
pleine de Kleenex, les Kleenex pleins de sang, les Kleenex pleins
de moi. J'allume mon ordinateur. Je joue au solitaire jusqu'à ce que
ma main gauche soit engourdie. Puis j'essaie d'écrire. Puis je regarde
l'heure : vingt minutes se sont déjà écoulées. Je vais aux toilettes,
m'installe à califourchon sur la cuvette et vide sur le miroir un peu
de poudre, encore un peu. Je respire son odeur, l'écrase avec ma carte
de crédit Serfín et forme deux lignes bien épaisses. Je sniffe. C'est
comme ça tous les jours.»