La levantine

«L'homme et la femme riaient. Ils commencèrent à s'éloigner
sur la place. La jeune fille marchait derrière eux, traînant
le pas. Soudain, elle s'arrêta, tourna la tête et regarda Roman.
D'un regard sans expression. Comme si elle avait souhaité
qu'il n'oubliât jamais son visage aux traits parfaits. Puis, elle fit
volte-face et courut pour rattraper sa mère et son compagnon.
Roman était bouleversé. Étrangement, cette scène lui rappela
une scène de Mort à Venise , lorsque Tadzio, le bel enfant,
"l'adorable Meneur des morts", fixe un court instant Gustav
von Aschenbach, le vieil écrivain allemand. Mais, cette fois, il
s'agissait d'une très jeune fille et d'un écrivain encore jeune.»
Par un jour du mois d'août, un homme arrive à l'île du
Levant, une des trois îles d'Hyères dites aussi les «îles d'Or».
L'homme, un bel écrivain de quarante ans, est venu au Levant
pour y écrire un livre sur l'histoire tourmentée de l'île naturiste.
Le jour même, sur le chemin de la plage, il croise une femme
et sa fille nubile, toutes deux nues et d'une effarante beauté.
Malgré Ingrid, la douce Allemande, malgré la splendeur
sensuelle du Levant, l'homme va se laisser dévaster, sept jours
durant, par une «tempête» de quatorze ans.
Laure, la Levantine, méritait qu'on mourût pour elle. Il
allait tout faire pour la décevoir.