Le roi, la reine et les empires : la guerre froide à travers les échecs

Jeu ? Enjeu ? Les échecs fleurissaient déjà à la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle, dans les cafés, les cercles intellectuels et au sein
de l'élite russe. En 1917, les bolcheviques parviennent à
récupérer les échecs à des fins de propagande : de distraction
bourgeoise, gratuite, ils deviennent synonymes
de discipline, rigueur, parfaite incarnation de l'idéal
révolutionnaire.
En toute logique, avec la guerre froide, le jeu symbolise
la lutte entre les deux grands blocs. Les Soviétiques y
excellent, et rares sont les champions du monde capitaliste,
à part le mythique Bobby Fischer, qui parviendront
à battre les maîtres Botvinnik,
Spassky, ou, plus près de nous, Karpov et
Kasparov. Cependant, les joueurs d'échecs,
parce qu'ils incarnent cette activité libre par
excellence, sont également une pépinière de
la dissidence, façonnant des personnalités
telles que Kortchnoï ou Sharansky.
Daniel Johnson propose le récit des matchs
les plus passionnants et les plus délirants de
cette histoire contemporaine, entre raison
suprême et folie douce.