Don Juan triomphant

Don Juan triomphant

Don Juan triomphant
Éditeur: Onebook
2011193 pagesISBN 9782754605076
Format: BrochéLangue : Français

Le présent roman est un antiroman dominé par l'écriture poétique. OEuvre baroque, le récit est foisonnant

et refuse le narratif. Esthétique déroutante, l'anti-constructionnisme affecte le séducteur qui bat en brèche

la facticité, la comédie humaine et le masque social. Récit enchâssé, tous les genres littéraires participent

de l'élaboration esthétique, d'une mise en abyme de Don Juan, de la poésie dans le roman, du théâtre

dans le théâtre. Le donjuanisme porte la marque de l'homme, le messalinisme de la femme : deux contacts

douloureux de l'impuissance à retenir la vie, l'instant. «L'éros noir» de Don Juan, son dandysme rejettent

pourtant le cynisme. Le héros reste conscient, et son acte de lumière le plonge dans l'accidentalité du

monde, le triomphe de la lucidité.

Le personnage de Don Juan n'est-il qu'un artifice théâtral inspiré d'une légende et d'un cycle littéraire,

fonds communs du folklore européen, né en Espagne, mais inspiré du chevalier félon des textes médiévaux,

noble, courageux, fourbe, séducteur, imposteur, mécréant, blasphémateur, idéal type du chevalier noir

et du chevalier arrogant ? A l'instar de Méléagant (le mal agissant) fils de Baudemagus roi de Gorre

qui enleva la reine Guenièvre à la cour d'Arthur pour l'emmener du royaume de Logres au royaume

de Gorre, Don Juan enlève Elvire au couvent, il la subjugue et l'abandonne. Le Séducteur de Séville

et le convive de pierre de Tirso de Molina, en Espagne, ouvre le cycle en 1630. En Italie, deux pièces

reprennent cette «Commedia», Le Convive de pierre de Giliberto et celle de Giacinto Andréa Cigognini,

source essentielle où puise Molière pour son Don Juan ou le festin de pierre représenté en 1665. Le

cycle est immense, nous ne retiendrons que quelques titres et auteurs, le Burldor de Tirso, Goldoni, le

Don Giovanni de Mozart, celui de Byron, chef de file du romantisme anglais ; citons également Prosper

Mérimée, Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Lessan (Allemagne), Guerra Junquerro (1874) avec La Mort

de Don Juan ; Le convive de pierre de Pouchkine, le Don Juan de C. Sterheim en 1910 etc. et le macabre

génie musical de Gaston Leroux : Le fantôme de l'Opéra auquel l'auteur de ce livre rend par cette oeuvre

baroque un hommage posthume.

Don Juan triomphant suivi des Dernières paroles de Faust s'inscrit dans une certaine conception du

rapprochement, voire de la coalescence entre deux personnages sulfureux, l'envoûteur diabolique et

le possédé par le pacte, dans la tradition indo-européenne, l'énergie vitale du méridional Don Juan et

le surhomme nordique et nietzschéen Faust, deux titans incarnés dans le Don Juan und Faust de C.D.

Grabbe, en 1829, tragédie en 4 actes, en vers, inspirée de Mozart et Goethe, en 1830. Pouchkine s'inspire

également du compositeur et des Elixirs du diable d'Hoffmann.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)