Le gouvernement des communautés politiques à la fin du Moyen Âge : entre puissance et négociation : villes, finances, Etat : actes du colloque en l'honneur d'Albert Rigaudière, Paris, 6-8 novembre 2008

Du 6 au 8 novembre 2008, se sont réunis à Paris autour de l'oeuvre du professeur
Albert Rigaudière plus d'une trentaine de spécialistes de l'époque médiévale
et moderne, issus des facultés de droit et des facultés de lettres, en provenance de
toute l'Europe ainsi que d'Amérique du Nord. Fruit de liens scientifiques tissés
depuis de nombreuses années et hommage à un inlassable défricheur d'archives qui
a tracé bien des perspectives novatrices, cette rencontre était l'occasion de prolonger
dans une vue souvent comparative les trois axes majeurs de la réflexion d'Albert
Rigaudière : la ville, les finances et l'État.
La ville débute, par la question première de sa définition, où se mêlent terminologie,
fixation de contours géographiques, sociaux ou juridiques, et revendications de
prérogatives. La perspective est ensuite renversée, avec le problème de l'exercice du
pouvoir à l'intérieur de la municipalité, au travers notamment des modalités de la
décision.
De l'exercice du pouvoir on passe à ses moyens, de la ville aux finances. L'impôt
est la condition de l'avènement des formes nouvelles de rapports politiques, c'est
pourquoi son établissement ne va pas sans discussion et que demeurent longtemps les
interrogations sur sa légitimité. Pour autant, la fiscalité s'implante à mesure et sous la
condition que sa gestion se publicise, et l'administration des finances devient donc un
enjeu majeur de l'efficacité et de l'équilibre des nouveaux modes de pouvoir.
Enfin, ces derniers s'incarnent bien entendu dans l'État. Face aux puissances
englobantes (papauté et empire), le royaume se pense progressivement comme
principale communauté de référence. Dès lors, l'affirmation progressive d'une
souveraineté encore longtemps négociée va être la voie privilégiée d'édification
progressive des structures de l'État.
Mais pas plus que l'État, les études ici rassemblées ne sont un point d'achèvement.
Bien au contraire, et dans le prolongement de l'oeuvre d'Albert Rigaudière, elles
visent à soulever de nouveaux questionnements, pour l'écriture toujours à compléter
de leçons sur l'art de gouverner.