Deseamos ver la luz. Nous voulons voir la lumière

Mer absente que d'autres yeux rêvèrent, d'autres pèlerins qui
traversèrent sans douleur une autre terre, d'autres mers, d'autres
malheureux univers, des eaux de fleuves que mes yeux ne verront
plus, comme des ombres qui heurtèrent mon front, tandis que
mon âme clouée de silences brûlait de douleur, pour que j'affronte
seul l'ombre étrange sur un chemin. Moi, cet homme que doit
consoler seulement la pierre, près d'un fleuve turbulent qui
m'appelle quand je passe en portant un rêve dans mes bras, pieds
nus, hors du temps, en silence. Ce sera peut-être la parole, ce sera
peut-être le destin, la nuit que nous devons éviter pour atteindre
un songe qui nous manque. La parole va et vient comme un fleuve,
mais l'ombre sur le chemin me construit des labyrinthes, des
miroirs qui reflètent mon passé et aussi l'oeuvre de mes mains.
Dix in Nous voulons voir la lumière
Nous désirons voir la lumière, pas le spectre de la lumière, l'herbe, pas le
désert qui remue dans nos poitrines.
Porfirio Mamani Macedo
Je suis revenu à l'endroit où je t'avais laissée, et rien. Seule la
porte immuable m'a regardé, toi tu n'étais pas là. Les gens
silencieux passaient fouettés par la pluie. Je voulais disparaître
comme l'eau de la pluie glacée, et rien. Le temps a poursuivi son
cours inexorable et moi, appuyé au mur de l'oubli, j'ai frotté mes
mains sur les pores de la pierre. Je voulais te dire que je t'aimais,
mais je n'ai pas rencontré tes yeux ni ton corps près de la porte
qui a dû dissimuler notre rencontre. Maintenant je m'approche de
la nuit, de l'humaine nuit que j'ai héritée de Dieu.
Douze in Nous voulons voir la lumière