Recueillement de Socrate : sur l'âme, source et principe d'existence

Dans sa prison, condamné à mort, Socrate se coupe de toute
préoccupation terrestre pour se concentrer sur la vie de l'esprit. Sans
faiblir devant la venue de la mort ni se défaire de son exigence morale,
il révèle, dans le dialogue avec ses fidèles, sa force d'âme. Une vie, il
s'est préparé à l'issue fatale, s'appliquant à purifier l'idée de la mort
par la pensée en elle-même, cherchant une forme de sérénité dans ce
compagnonnage. Aussi la conçoit-il comme une nécessité inévitable
qu'il faut aborder par la raison, sans la redouter ni même s'élever
contre son injustice. Mais il est également porté par un élan spirituel
qui repose sur la croyance dans l'éternité de l'âme, une belle espérance :
mener une existence future auprès des dieux, ces maîtres sages et
bons. Lorsqu'il livre ainsi son coeur, Socrate veut rassurer les siens,
les consoler de sa disparition. Surtout, en révélant ce qui guide son
esprit de la façon la plus digne qui soit, il solidifie ses principes. S'il se
montre plein de piété, il reste ce maître à penser, soucieux avant tout
de connaître la nature de la vertu pour mieux en parler et la donner
en exemple jusqu'à la fin.