Moi Bahia, la miraculée

«J'ai de l'eau salée plein la bouche. J'ai du mal à
respirer, j'étouffe. Je suis seule au milieu de l'océan,
en pleine nuit, j'ai froid. Je m'accroche de toutes
mes forces au débris pour ne pas mourir.»
30 juin 2009, 1 heure 55 du matin : alors qu'il
entame sa procédure d'atterrissage, l'Airbus
A310 de la Yemenia s'abîme dans l'océan Indien
au large des Comores, sa destination finale. Plus
de 150 passagers vont périr dans ce drame. Une
seule survivante, une adolescente, Bahia.
Neuf heures durant, blessée, seule au milieu de
l'océan, accrochée à un débris flottant, Bahia
s'est vue mourir. Neuf heures de calvaire et
d'angoisse, dans une mer déchaînée, jusqu'à ce
qu'un simple marin, un héros ordinaire, la sauve
des eaux. Sa survie relève du miracle.
Avec des mots simples, Bahia Bakari affronte
son destin hors du commun, comme pour
exorciser une fatalité qui n'a pas voulu d'elle.
Aujourd'hui, au nom de sa mère qui a péri dans
le crash, Bahia se souvient. Elle a choisi de confier
son chemin de douleur au journaliste Omar
Guendouz. Un chemin de courage aussi, qui lui
permet de faire son deuil et de se reconstruire.