Libourne, une ville : de Robert Boulin à Gilbert Mitterrand : une vie de journaliste presque sans histoire

Il s'appelait L'Indépendant libournais dans les années vingt. «En ce 29 août
1944, Libourne était libérée. Peu de temps après, le 8 septembre , Le Résistant de
Libourne sortait des plieuses ; le premier numéro sous ce nom-là, comme l'avait
alors décidé M. Angélini, surveillant général au collège Atget. C'était un nouveau
journal, à l'image de ce qu'il avait vécu, et combattu, de 1939 à 1944, le journal-compagnon,
presque...»
Ce passé, c'était son âme. C'était sa force, sa force de lutter, de combattre. Pour
un idéal, pour des valeurs, avec à sa tête des hommes de caractère. Au fil des années,
cet hebdomadaire local d'opinion, volontairement engagé, s'identifia à la liberté
d'expression de ses journalistes, qui introduisirent dans la vie publique la voix et le
regard du peuple à travers les affaires libournaises du scandale du vin dans les
années 50, celle des faux vaccins ou la disparition de Robert Boulin.
D'un point de vue politique, la Gironde de souche radicale oscillait à gauche ou
à droite selon les échéances et l'air du temps. Et justement, en 1989, la France était
mitterrandienne. Libourne, en raison de son histoire politique, toujours un peu plus à
droite qu'à gauche. Or, cette année-là, pour la première fois de son existence, elle vira
à gauche. Le maire n'était autre que Gilbert Mitterrand, fils du président. Les grandes
manoeuvres se préparaient dans l'ombre. Jusqu'en 1991, date à laquelle les échéances
se précipitèrent d'un seul coup, à tous les niveaux. Les enjeux de cette année-là firent
voler en éclats mes idéaux, mes principes, ma philosophie de vie... et ma vie.