Alexandre Dargomijski et la vie musicale en Russie au XIXe siècle, 1813-1868 : vers l'affirmation d'une école nationale avec La Roussalka (1856)

Né la même année que Verdi et Wagner, Dargomijski (1813-1868)
n'a malheureusement pas connu la même célébrité que
ces deux monstres sacrés de l'opéra. Et pourtant il partage avec
eux des traits communs : tous les trois travaillèrent, entre autres,
à la même période au renouvellement de l'opéra, en particulier
au lien entre la parole et la musique.
Cet ouvrage retrace la vie et la carrière du compositeur à une
époque de profondes transformations pour la société russe. Sous
le règne de Nicolas 1<sup>er</sup>, d'abord, il fut partie prenante du combat
mené par les artistes russes pour l'épanouissement d'une
musique nationale, entravé par la censure tsariste, le snobisme
malveillant des aristocrates et l'hégémonie des modèles occidentaux.
Le climat d'ouverture qui caractérisa, ensuite, le règne
d'Alexandre Il permit l'éclosion d'une culture musicale nationale
qui joua un rôle de premier plan dans la société russe et
devint, de plus en plus, un terrain de combat idéologique contre
l'ingérence étrangère. C'est dans ce contexte qu'eut lieu la création
de La Roussalka , troisième opéra national après ceux de
Glinka, oeuvre emblématique de cette époque, inspirée de
Pouchkine et dont le compositeur fut aussi l'auteur du livret.
Grâce à Dargomijski et à son dernier ouvrage, notamment,
Le convive de pierre , la musique et l'opéra russes choisirent
sciemment la voie nationale, ce qui fait de ce compositeur une
des grandes personnalités artistiques qui ont contribué à l'affirmation
d'une école musicale nationale en Russie au milieu du
XIX<sup>e</sup> siècle.