Où va l'Arabie Saoudite ?

Durant les années 80, en Arabie Saoudite le roi Fahd et son prince
héritier se sont partagés les responsabilités gouvernementales. Tandis
que le premier se concentre sur les affaires internationales, le deuxième
se penche sur les affaires régionales, surtout arabes. Puisque chacun des
deux hommes considère les affaires politiques à partir d'un angle de
vue différent, les observateurs notent une certaine différence de style.
Serait-il donc excessif de dire que la politique du roi Fahd soit pro-américaine
alors que celle d'Abdallah est pro-arabe ? Certains analystes
n'ont pas hésité à faire ce pas. Mais il faut remarquer qu'une telle approche
est réductionniste, si elle n'est pas simpliste. Car Abdallah n'est
pas plus hostile aux Américains que le roi Fahd n'a été anti-arabe. Les
deux ont été d'accord au moins sur le point suivant : le royaume saoudien
a tout à gagner en tablant sur une stratégie d'équilibres, dans les
rapports avec les puissances occidentales - y compris les USA - et ceux
avec les voisins arabes. Mais cela ne veut pas dire que les divergences
n'existent pas : après la signature des accords de Camp-David par
l'Egypte, Fahd, alors prince héritier, a été plutôt favorable à l'allégement
des sanctions contre le Caire, alors qu'Abdallah, a préféré faire
bloc avec les Arabes contre l'Egypte.
Ce livre analyse les changements survenus durant les différents
règnes : Abdelaziz, Saoud, Faysal, Khaled, Fahd et Abdallah, en mettant
l'accent sur les deux derniers.