Souris grises

«Je l'emprisonne entre mes mains, elle est si petite,
si fragile. J'enserre sa nuque minuscule entre mes pouces
et mes index. J'appuie un peu plus fort. Sous le pelage fin
et tiède, les muscles et les tendons palpitent. Je l'observe,
j'hésite longuement, le bout de mes doigts me démange,
j'appuie encore un peu, elle reste totalement immobile,
comme figée, puis je relâche ma pression et la repose dans
sa cage...»
À douze ans, l'héroïne est une collégienne dont la vie
se partage douloureusement entre l'établissement scolaire
en ville, où elle se sent seule et incomprise à la fois par les
autres élèves et par ses professeurs, et son village natal,
à la campagne, qu'elle retrouve chaque soir après un long
trajet en bus.
Là, elle s'amuse à dominer, souvent avec cruauté, une
troupe d'enfants plus jeunes qui fréquentent encore l'école
primaire.
Docilement, les deux garçons et les trois filles obéissent
à ses caprices et se prêtent à des mises en scène qui
deviennent de moins en moins innocentes, jusqu'au jour
où l'arrivée de cinq petites souris grises vient remettre en
cause le fragile équilibre. Et ce sera, définitivement, la fin
de l'enfance...
Après Amitiés et L'Aquarium, Souris grises est le troisième
roman de Michèle Astrud.