Des femmes réinventent la ville : dix ans de Parcours filles-femmes

«Quel rapport entretenez-vous avec
l'espace public ?» Sur une commande du
Comité métallos, la photographe Mehrak
nous offre, au coeur de l'ouvrage, une
vingtaine de portraits de femmes qui ont
accepté de témoigner à visage découvert
sur cette question sensible.
Née à Téhéran, Mehrak quitte son pays pour
Paris en 1987, durant la guerre Iran-Irak,
et se forme à l'agence Rapho. Son
travail sur le mal-logement a été exposé
dans différentes galeries en Europe
et son projet Vivre ici, parcours de femme
immigrée l'a été au musée de l'Homme en
2006, puis à la mairie du 10<sup>e</sup> en 2012.
Le Comité métallos, hier collectif de
défense locale pour la sauvegarde de la
Maison des métallos à Paris, est devenu
un «agit-acteur» de l'espace public. Il a su
construire une pensée critique à travers
le développement et la mise en oeuvre
de projets transversaux innovants, nés
d'une demande du quartier Belleville-Ménilmontant.
À première vue, l'espace public est mixte . Pourtant, les déséquilibres entre
les deux sexes restent profonds. La ville est-elle pensée par et pour les hommes ?
Depuis dix ans, le Comité métallos organise, à l'occasion du 8 mars, des
actions d'occupation de l'espace public par les femmes au travers
de réalisations concrètes réunies sous le nom de Parcours filles-femmes.
Ce livre présente des témoignages de femmes, artistes - metteures en scène,
chorégraphes, plasticiennes, photographes, comédiennes - mais aussi journalistes,
sociologues, urbanistes, responsables d'association et simples citoyennes.
Toutes parties prenantes du Parcours filles-femmes , elles agissent
au quotidien pour déjouer les normes sociales et de genre qui s'affichent
dans la ville, et pousser les murs invisibles de l'espace urbain.
Quels rêves d'égalité, de mixité, de séparation, de domination y sont inscrits ?
Ces dix ans de Parcours filles-femmes ont également permis d'enrichir
la réflexion sur l'activité culturelle et l'expertise citoyenne.
Développer l'expertise citoyenne, est-ce possible ?
Les responsables politiques accepteront-ils de coélaborer
des solutions avec les habitants et les associations locales ?