Erich Auerbach : la littérature en perspective

« Mimesis est de manière résolument consciente
un livre écrit par un certain être humain, dans une
certaine situation, au début des années 1940.»
Ainsi s'exprimait Erich Auerbach à propos de son
oeuvre capitale, écrite à Istanbul, où il avait
trouvé refuge pour échapper aux persécutions
nazies. En revenant sur ces circonstances, il
concluait : «Il vaut mieux être consciemment
lié à son temps que de l'être inconsciemment.»
L'étude de la littérature, selon Auerbach, ne
saurait se dissocier d'un double relativisme : le
critique doit situer dans les contextes culturels
non seulement les oeuvres qu'il étudie, mais son
propre point de vue, qu'il assume. Mettre l'objet et le sujet en perspective,
c'est prendre conscience des concepts qui organisent l'histoire
littéraire, en évitant aussi bien le finalisme historique que le dogmatisme
théorique.
Cinquante ans après la mort du grand critique allemand, les études réunies
dans ce volume s'interrogent sur l'origine de sa pensée, sur les différentes
facettes de son oeuvre et sur la valeur de son message. Nous y joignons deux
articles d'Auerbach sur Rousseau et sur Proust, inédits en français.