Démocratie et développement au Congo-Kinshasa : essai d'explication socio-juridique de l'inadéquation institutionnelle postcoloniale

De par son histoire d'ancien colonisé, l'individu africain est duel,
scindé entre son appartenance à une société et à une culture qui
ont perduré sous le colonialisme, et, malgré tout, l'influence idéologique
de l'Occident. Deux pans encore inconciliables, dont la
synthèse n'a pas encore été faite, à la source de régimes postin-dépendantistes
moins démocratiques qu'il n'y paraît, et de tensions
sociopolitiques explosives. Un constat qui s'impose tout
particulièrement au Congo-Kinshasa dont les forces antagonistes
et les écueils constitutionnels depuis quarante ans constituent
la matière principale de la présente réflexion... Avant que celle-ci
n'envisage les conditions de l'avènement d'une démocratie proprement
congolaise, capable d'imposer son originalité en dehors
des schémas étrangers, et de générer un développement fort et
durable. Ainsi, Dieudonné Kaluba Dibwa repasse en revue les
engrenages des machines juridiques ayant régenté le Congo
Kinshasa depuis la colonisation jusqu'à nos jours. Le couplage
de ces appareils juridiques avec les différentes politiques ayant
déferlé sur le Zaïre ont engendré le sous-développement et la
déconfiture. Deux virus : la parenté et le mysticisme y ont trouvé
un terrain de rayonnement. Mais l'auteur réfléchit sur un modèle
politique approprié susceptible de permettre d'heureuses
perspectives : le système fédéraliste, dans un Etat qui est loin de
constituer une nation à cause de sa pléiade de tribus. Néanmoins,
il suggère comment contourner la difficulté «tribus» pour orienter
le pays vers l'eldorado tant rêvé.