Gonzo papers. Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain

Poussant cette logique jusqu'au délire, chargé d'alcool, de drogues, ne
respectant que ses propres règles, se mettant lui-même en scène dans
des reportages épiques et férocement drôles, il a surtout inventé une
forme de journalisme qui rendait visibles les vérités que la presse
conventionnelle et bienséante préférait occulter. On a appelé cela le
Gonzo. Ce genre, devenu historique, a ses tables de la loi : les Gonzo
Papers (intégrale en cinq volumes en cours de publication chez Tristram).
Nouveaux Commentaires sur la mort du Rêve Américain - inédit en
français - était celui de ses livres que préférait Thompson et demeure
le favori d'une bonne partie de ses lecteurs les plus inconditionnels à
travers le monde. Bourré de morceaux de bravoure, comme le compte
rendu du divorce à grand spectacle du couple Pulitzer, ou la fabuleuse
nouvelle Mescalito , ce volume anthologique traverse quatre décennies :
des premières tentatives du romancier dans les années 1950, jusqu'aux
reportages et enquêtes des années 60 et 70 (sur les marges américaines
et les campagnes présidentielles), puis aux brûlots incendiaires qu'il
prendra l'habitude d'expédier partout en Amérique, sur tous les sujets,
avec une exaspération - mais aussi une verve - croissantes.
Nulle part mieux que dans ce livre, on voit naître et s'affirmer l'écrivain
unique dont Tom Wolfe a dit qu'il était « le plus grand auteur comique du
20<sup>e</sup> siècle ».
C'est ce qui explique qu'après sa mort, par suicide, le «mythe Hunter
Thompson» ne cesse de croître. Ainsi qu'en attestent les succès récents
de l'adaptation au cinéma de Las Vegas Parano par Terry Gilliam, avec
Johnny Depp, ou de la biographie unanimement plébiscitée que lui a
consacrée William McKeen : Hunter S. Thompson, Journaliste & hors-la-loi
(Tristram, 2010).