Le colonel Pierre-Denis de la Châtre, baron de l'Empire : 1763-1820

Enfant des Lumières porteur d'un grand nom d'extraction
chevaleresque, Pierre-Denis de La Châtre appartient à une
famille bourgeoise fortunée d'Issoudun.
Toute sa vie, il joua habilement de cette ambiguïté ; jeune
officier royaliste, la Révolution lui offrit un avancement
fulgurant : il passa directement du grade de sous-lieutenant à
celui de lieutenant-colonel du 2<sup>e</sup> bataillon de l'Indre. Officier
républicain, il s'illustra à Quiberon comme pourfendeur de
chouans en 1795, ce qui lui valut en 1796, sous le Directoire, le
grade de colonel «d'un régiment à son nom» (sic).
L'Empire, sensible à son patronyme d'Ancien Régime, lui
conféra en 1809 le titre de baron, à défaut de le promouvoir
général...
Par contre, la seconde Restauration, sachant à quoi s'en tenir
sur le personnage, le mit en retraite d'office. Il mourut en 1820 à
Issoudun, totalement ruiné, à tel point que sa veuve reçut un
certificat d'indigence du maire de l'époque.
Son fils, Maurice Lachâtre, (compte-tenu de son engagement
politique) redora, à sa manière, le blason familial dans un genre
radicalement différent qui lui permit de passer à la postérité :
écrivain, libraire, éditeur parisien, d'inspiration communiste, il
publia le «Capital» de Karl Marx en langue française !
Toujours dans le domaine littéraire, le lecteur découvrira
avec étonnement, sinon avec plaisir, que le colonel Pierre-Denis
de La Châtre, demi solde sous la Restauration, semble bien avoir
fortement inspiré Honoré de Balzac dans «La Rabouilleuse»
pour le personnage de Philippe Bridau.
Les ressemblances sont pour le moins troublantes...
A vous lecteurs de juger !