Le travail et son dépassement

Depuis plusieurs années, les recherches en vue d'une
analyse approfondie du travail, de ce qu'il est, de ce
qu'il devient, se sont multipliées. Mais le travail continue
à apparaître comme une évidence, il semble encore normal
de caractériser l'homme par son travail, aller travailler est toujours
une fatalité quotidienne pour la plupart. Et pourtant, le travail
mérite bien une définition générale allant au-delà de son évidence
immédiate, et ses limites et ses méfaits actuels indiquent largement
qu'il faut lui chercher un dépassement.
L'essai de Bruno Astarian est unique en ce qu'il tente de donner
une définition du travail dans ce qu'il a de plus essentiel, de
concevoir à partir de là, la possibilité de son abolition et d'entrevoir
ce que pourrait être l'activité des hommes qui en seraient
libérés. Le Travail et son dépassement met en évidence la nature historiquement
déterminée, et donc historiquement dépassable, du
travail. Il fait apparaître le mode de production capitaliste, notamment
dans le phénomène de la crise, comme la phase de l'histoire
produisant les conditions d'une libération qui ne pourrait se
réaliser que dans le bouleversement complet du rapport social.
C'est sur cette base que Bruno Astarian développe une
réflexion sur l'activité spécifique du prolétariat dans la crise capitaliste
: c'est dans la crise, lorsque se bloque l'échange de la force
de travail contre le capital, que se trouvent réunis les éléments qui
rendent possible et nécessaire le passage à un communisme qui
ne soit pas la planification du programme prolétarien.
Les éditions Senonevero
s'attachent à la publication
d'une théorie critique du
capitalisme, c'est-à-dire une théorie de
son abolition.
Une époque est maintenant révolue,
celle de la libération du travail, celle
du prolétariat s'affirmant comme le
pôle absolu de la société : l'époque du
socialisme. La révolution sera l'abolition
du mode de production capitaliste
et de ses classes - le prolétariat comme
la bourgeoisie - et la communisation
des rapports sociaux. En deçà, il n'y
a aujourd'hui que la promotion de la
démocratie, de la citoyenneté, l'apologie
de l'alternative. Ces pratiques et ces
théories n'ont d'autre horizon que le
capitalisme.
De la période actuelle à la révolution,
nul ne connaît le chemin à parcourir :
il est à faire, donc à comprendre, par
des analyses et des critiques diversifiées.
Nous en appelons l'élaboration.
Lutte contre le capital, lutte à l'intérieur
de la classe elle-même, la lutte de
classe du prolétariat n'est pas le fait
de muets et de décérébrés : elle est théoricienne
- ni par automatisme, ni par
choix. Comme la production théorique
en général, nos publications sont activités.
Leur nécessité est leur utilité.