Viol : une histoire d'amour

Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soir, quoi... Peut-être
encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet, la fête nationale.
Vers minuit, la belle Tina Maguire a eu le tort de couper court à travers le
parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l'ont
laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n'ose
pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas
de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu'à la route
pour appeler au secours, et a sauvé ainsi sa mère.
Sauvé ? Pas des griffes d'avocats de haut vol, ni de l'incompétence des procureurs,
ni des propos de certaines bonnes âmes : elle l'a bien cherché... en fait
elle l'a cherché tout court. Ça lui pendait au nez...
Elle risque désormais de mourir vraiment, Tina. Et Bethie ne peut que prier
pour l'intervention miraculeuse d'un ange vengeur. Justement il est là, dans
l'ombre. Un flic épris de justice. Épris tout court. Le héros silencieux d'une
histoire d'amour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par
une Joyce Carol Oates à son meilleur.