40 à Londres : l'espion qui venait du jazz

Chaque soir, Franck Bauer a prononcé cette phrase légendaire, au
micro de la BBC !
Il n'est qu'un adolescent de quatorze ans en 1933 quand, au retour
d'un séjour linguistique dans l'Allemagne nouvellement nazie, il déclare
à ses parents : «On va avoir la guerre, on va la perdre et ce jour-là, je
m'en irai...»
Il tient sa promesse dès juin 1940. Avec sa jeune soeur, devant l'invasion
allemande, il traverse la France à vélo. Sa soeur blessée, Franck
embarque seul au Verdon-sur-Mer, sur un bateau chargé de soldats
polonais. Personne n'a encore entendu parler de De Gaulle.
Quelques jours plus tard, pourtant, à vingt et un ans, Franck Bauer
est à Londres engagé dans les Forces françaises libres.
Ce jeune batteur de jazz était bien mal préparé aux missions militaires
qui allaient lui être confiées ! Envoyé en Cornouailles britannique auprès
des pêcheurs bretons ralliés à de Gaulle, il participe à deux missions en
territoire français occupé, dont une sur l'île de Sein. Puis, le voici expédié
aux États-Unis, pour y vérifier qu'un complot ne se fomente pas
contre la marine marchande fidèle à l'amiral Muselier.
À son retour, Franck Bauer est détaché par Maurice Schumann à la
BBC, la radio de la vérité et de l'espoir. En France, la famille de Franck
attendra deux ans avant de savoir qu'il est à Londres, où entre deux
bombardements il retrouve Stéphane Grappelli et tapote sur le clavier
avec un piètre pianiste mais non moins grand pilote du nom de
Mouchotte...
40 à Londres est un récit mi-héros mi-zazou, où l'éducation sentimentale
se fait en même temps que se forge la conscience politique. Dans la
folie d'une époque où tout se joue et où tout compte.