Critique de la tragédie kamerunaise

Ce livre est l'expression du désir d'un citoyen exilé, résolument devenu
cosmopolite, de comprendre et de faire comprendre la tragédie de son pays
natal, le Kamerun, que l'auteur choisit d'orthographier ainsi pour rappeler le
Kamerun unifié sous la colonisation allemande de 1884 à 1916 et la profondeur
historique de l'idéal national.
Cet ouvrage est la confrontation des approches du dedans et du dehors de la
citoyenneté kamerunaise, regard porté sur une histoire africaine profondément
tragique, tordue, rebelle aux approches binaires et impatientes. Il est
l'exhumation des racines enfouies de la bêtise et de l'arbitraire qui empêchent,
depuis plus de soixante ans, l'émergence d'une civilisation démocratique et
républicaine exemplaire en Afrique centrale.
Les différentes analyses et tribunes qui constituent ce livre ne sont donc pas
simplement des enquêtes sur traces, mais l'expression d'une quête d'institutions,
de manières d'être, de penser et d'agir, de partager, qui puissent faire du Kamerun
un pays où «nos libertés valent mieux que du pain beurré à la sardine», selon la
belle expression du grand écrivain congolais Sony Labou Tansi.