Les théories africanistes du développement : entre déconstruction et travers idéologiques

L'intérêt porté à la crise des postulats et des stratégies de
développement en Afrique a permis une sédimentation des
théories africanistes du développement, avec des efforts
de théorisation sans réelle unité ni cohésion. L'objet de cet
ouvrage est d'examiner ces différentes théories, de repérer les
idéologies, les paradigmes et les logiques sous-jacentes qui
irriguent leurs cadres analytiques, mais surtout de suggérer,
en toute humilité, un déplacement des problématiques vers
des alternatives esquissées en termes de ruptures.
L'opposition prévalant dans cet ouvrage confronte à juste
titre la vision cartésienne à la vision de la complexité des
systèmes humains : la première suppose l'universalité des
solutions, le déterminisme et donc le caractère prédictible des
thèses, la domination du modèle occidental (rationnel) où tout
comportement s'appuie sur la raison. L'auteur y oppose la
diversité des trajectoires inhérentes aux situations humaines,
l'imprévisibilité et donc la non-généralisation des solutions
pour résoudre les problèmes du développement. C'est sur
un chantier infini que débouche l'hypothèse centrale de cet
ouvrage, et le nombre de questions qu'il soulève, de façon
directe ou indirecte, est le signe incontestable de la complexité
des thématiques abordées. La question de fond, à laquelle
l'ouvrage convie les spécialistes des sciences sociales
africaines, est celle de savoir comment, pour le siècle post-bipolaire,
opposer à «l'invention de l'Afrique» une «invention
du monde» par l'Afrique.