De l'orphelinat à la Goutte de lait en Normandie : historique des services de protection, d'assistance et de médecine de la petite enfance du XVIIe au XXe siècle

Solidement documenté, l'ouvrage de
Michel Nicolle vient combler un vide
dans l'histoire de notre région, tout en
nous apportant un éclairage général sur l'évolution
de l'aide à l'enfance déshéritée.
L'itinéraire qu'il nous propose nous fait
découvrir les vicissitudes qu'ont eu à connaître
au cours de trois siècles, ces «Enfants naturels
de la Patrie» , abandonnés ou trouvés, bâtards
ou orphelins, pupilles de l'Assistance ou
enfants de la DDASS au gré des époques ou des
étiquetages administratifs, mais dont le statut
fut longtemps celui de l'exclusion.
Avec le XX<sup>e</sup> siècle, le changement progressif
des mentalités, les progrès de l'hygiène, les
lois nouvelles d'assistance, la réglementation
du travail, une politique de «redressement de
la Nationalité» soutenue par des allocations
«d'encouragement» , la mise en place de structures
médico-sociales vont contribuer peu à
peu à améliorer le statut de l'enfance.
En 1939 est créé dans chaque département
un Service de protection de la maternité et de
l'enfance qui sera remis au goût du jour par le
régime de Vichy dans le cadre d'une politique
de régénérescence de la Famille et de «sauvegarde
physique et morale de la race» , avec la loi
relative à la protection de la maternité et de la
première enfance.
Nombre des mesures qu'elle avait élaborées
seront récupérées par le législateur en 1945 au
moment de la création entre autres de la protection
maternelle et infantile.
Comme quoi, et ce fut le cas pour la loi Roussel,
les périodes troublées peuvent avoir pour
l'enfance des retombées bénéfiques en dépit
de motivations parfois peu avouables.
Professeur Pierre Morel