Le mont Saint-Clair : un point obscur de l'histoire de Sète

Le mont « Saint-Clair »
« Les fêtes populaires de Saint Clair sont célébrées le 12 juillet et ont un
caractère local exceptionnel.
Durant trois jours consécutifs, le chômage est général dans le monde des
affaires. La ville paraît déserte, la population gravit les chemins tortueux,
ombragés, et sur les terre-pleins, en groupes joyeux ou dans les cottages,
sous les berceaux fleuris de verdure s'organisent les agapes familiales qui ne
prendront fin que bien avant dans la nuit.
Pendant ces jours de repos, d'oubli des heures difficiles, de labeurs
durant lesquels la joie délirante déborde, les citadins n'ont qu'un souci, celui
de fêter dignement le grand Saint Clair. Mais le temps dans sa marche rapide
amène la chute du jour, et lorsque la luxuriante montagne disparaît sous le
voile épais de la nuit, semblable à un immense kaléidoscope apparaissent en
des formes gracieuses, les globes lumineux aux dessins variés de guirlandes,
de festons, d'astragales qui animent le tableau noir. L'écho des orchestres,
des chants et des ris se répandent dans la plaine, on aperçoit à travers les taillis
ombreux, les feux follets de farandoles et les sarabandes échevelées, fantastiques
des gnomes et des farfadets. Tandis que de tous les points s'élèvent
en crépitant en des sillons de feux, les serpents fulgurants qui déchirent brusquement
les ombres profondes des nues, l'on entend les choeurs joyeux
entonner le refrain favori des enfants de la cité. »
Compte-rendu des fêtes de Saint Clair du 12 Juillet 1910