Voyage fluvial du Tietê à l'Amazone : par les provinces brésiliennes de Saint-Paul, Mato Grosso et Grao Para : un peintre de l'expédition Langsdorff découvre le Brésil, 1825-1829

Nous Naviguâmes toute la journée, à l'exception des heures du repas. On fait halto le matin pour déjeuner. Tout le monde saute à terre, on allume du feu pour échauffer les haricots préparés avec du lard, la veille au soir, et on les mange avec de la farine de maïs ; c'est la nourriture de nos gens, mais elle est assez variée par le produit de la chasse et de la pêche ; la nôtre était augmentée par nos provisions et préparée par un bon cuisinier. On fait halte à midi pour dîner ; on en fait encore un dit de lavagem , à 5 heures, où nos gens se baignent ; et après on ne s'arrête plus qu'au coucher du soleil, pour faire le pouso , ou campement, pour passer la nuit.
Arrivés à notre pouso , les rameurs se mirent à remplir les fonctions que le guide leur avait assignées pour tout le voyage : les uns coupent les jeunes arbres et les broussailles pour nettoyer le terrain ; les autres coupent du bois pour la cuisine, et allument un grand feu qui ne manque jamais au milieu du campement et qui sert à éclairer.
L'effet d'un campement de nuit éclairé par vingt feux dans une forêt vierge, si on ajoute à cela le mouvement des gens campés, les tentes et les hamacs, sera toujours un sujet digne d'un peintre ou d'un poète.