Le féminin et la langue étrangère : une étude sur l'apprentissage des langues

Du premier cri jusqu'à la première phrase, l'enfant découvre le monde.
Mais arrivés à cette possibilité de se dire pour se faire comprendre, garçon et
fille emprunteront, dans leur évolution, un chemin différent. La fille
découvrira plus vite, et avec joie, la motilité de la parole et la possibilité
qu'elle offre pour se déplacer. Elle va l'utiliser pour errer, pour tomber, pour
se relever et pour courir. Elle court d'après la métaphore paternelle. Si tout va
bien elle rencontrera un jour son propre masculin qui lui dira de faire bon
usage de la parole, de l'utiliser pour la vie et le bonheur. Après de maints
interdits elle lèvera enfin la tête pour regarder tout droit dans les yeux de ce
masculin, et elle y reconnaîtra le féminin de l'homme. «Ma mère m'a
enseigné de faire attention à la beauté du monde et de me souvenir de tout»
dit-il et elle de lui répondre : «Oui, je l'ai lu, la palette des couleurs, le vol
des oiseaux, et les empreintes que laissent leurs petites pattes sur la neige.»
Puis elle ajoute : «Mon père m'a fait don des langues.»
Cet ouvrage est une étude qui essaie de montrer la place que l'inconscient
occupe dans les langues, dans leur apprentissage et dans l'écrit. La fille a-t-elle
vraiment un don pour les langues ou est-ce sa façon de se créer un nouveau
territoire de vie ?