Le dessin en Espagne à la Renaissance : pour une interprétation de la trace

Le dessin en Espagne à la Renaissance : pour une interprétation de la trace

Le dessin en Espagne à la Renaissance : pour une interprétation de la trace
Éditeur: Brepols
2015653 pagesISBN 9782503553221
Format: BrochéLangue : Français

Le thème principal de cet ouvrage est double : une synthèse de nos connaissances sur la

situation actuelle du dessin de la Renaissance en Espagne et l'émergence d'un statut spécifique

du dessin dans la péninsule à partir des années 1560 et surtout, avec de plus en plus d'évidence

à partir des années 1580. Une des difficultés principales repose sur l'assertion de l'absence du

dessin en Espagne pendant toute la première moitié du XVI<sup>e</sup> siècle et la présence d'un nombre

restreint de feuilles pour la seconde moitié avant l'âge baroque.

La pratique du dessin par les artistes espagnols devient de plus en plus manifeste au fil

des années pour s'affirmer dans la seconde moitié du XVI<sup>e</sup> siècle. Elle permet d'établir des

relations pertinentes entre la consolidation de cette pratique et des phénomènes historiques

et politiques. La corrélation entre plusieurs faits historiques tels que l'affirmation d'une

culture espagnole sous le règne de Philippe II et ses conséquences sur le dessin est ainsi de

mieux en mieux recensée dans les sources : le monastère de l'Escorial est sans conteste le

lieu symbolique de l'émergence d'une culture vernaculaire au cours de la seconde moitié

du siècle. L'affirmation d'une pratique du dessin coïncide avec l'affermissement des usages

de la langue vernaculaire dans l'écrit à tous les niveaux de la société.

Les relations avec l'appréhension du dessin dans la théorie artistique font l'objet d'une

importante partie de l'ouvrage. La présence d'une position théorique sur le dessin, considéré

également dans ses aspects pratiques, y est exposée en même temps que les positions marginales

d'artistes de premier plan, tels Francisco de Holanda et Greco, qui ont énoncé la primauté du

dessin comme fondement de toute connaissance artistique. Leurs réflexions y sont discutées

dans un contexte où le dessin est encore peu considéré comme champ spécifique.

Les échanges continuels entre l'Italie et l'Espagne, à travers les séjours d'artistes de premier

plan comme Federico Zuccaro et Pellegrino Tibaldi, constituent une des orientations

générales de l'ouvrage où les positions artistiques et théoriques se répondent jusqu'à la fin

du siècle. Ce dialogue constant entre les deux péninsules est plus enraciné dans la culture

espagnole depuis le Moyen Âge et la Renaissance. Les siècles suivants confirment en fait

cet esprit d'ouverture à la culture européenne dans cette aire géographique. Dans tous les

aspects de la culture artistique de la Renaissance, le dessin trouve ainsi sa place et devient

plus légitime à mesure que les artistes affirment leur statut au sein de la société.

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