Paul Reynaud : un homme d'Etat dans la tourmente : septembre 1939-juin 1940

Force est de constater que, jusqu'à présent, l'histoire n'a accordé qu'une place
relativement restreinte à Paul Reynaud dont le nom est resté associé, dans la
mémoire collective, à la défaite de 1940.
Ce dernier n'en demeure pas moins le personnage pivot d'une période cruciale
du XX<sup>e</sup> siècle et, à ce titre, mérite donc que l'on se penche, de nouveau, sur lui.
A la différence des biographies classiques, cet ouvrage ne rend compte que
d'une tranche de vie, mais capitale s'il en est, car en raison des circonstances et des
responsabilités assumées, elle engagea tout à la fois la propre destinée de Reynaud
et le destin de la France.
L'auteur dresse un inventaire minutieux de l'action politique de Paul Reynaud
durant les dix premiers mois de la Seconde Guerre mondiale, à la tête, d'abord du
ministère des Finances, puis, à partir du 21 mars 1940, de l'avant-dernier
gouvernement de la III<sup>e</sup> République.
En amont, il retrace ses vaines campagnes, souvent méconnues ou oubliées, des
années trente - en faveur, notamment, du corps cuirassé «de Gaulle» et d'une
politique de résistance à l'égard des dictatures -, dont la prise en compte par les
dirigeants de l'époque aurait, selon toute vraisemblance, transformé la donne de
l'année 40. Ce qui permet de mieux comprendre où se situèrent les vraies
responsabilités de la défaite.
Relatant la tragédie personnelle de Paul Reynaud, cet ouvrage montre comment
cet homme de grande valeur fut «injustement broyé», certes par des «événements
excessifs», mais aussi par les deux mythes, pétainiste et gaulliste, à l'avènement
desquels il avait contribué.