La rue et l'e-rue : nouvelles contestations citoyennes

En quelques années, les mobilisations protestataires, dans la rue comme dans
l'e-rue, des réseaux sociaux, à travers le monde, se sont «banalisées». Cette e-rue
des réseaux sociaux Facebook et Twitter, en particulier, s'est affirmée comme lieu et
moyen, pour le citoyen ordinaire, de diffusion d'opinions et d'appels protestataires,
devenant ainsi une plateforme de mobilisations - des mobilisations qui connaissent
des diffusions rapides d'une région à l'autre, d'un continent à l'autre.
Ainsi, les protestataires turcs ont importé des répertoires d'autres mouvements
et inspirent de nouvelles contestations au Brésil. Les citoyens mécontents défient les
pouvoirs en Italie, en Bulgarie, comme en Chine. Le Maroc, considéré comme un
cas particulier par rapport aux mobilisations du Printemps arabe, connaît aussi des
mobilisations contestataires.
Au-delà d'un rejet commun, celui des élites établies, considérées comme
illégitimes et corrompues, les vagues protestataires connaissent des issues différentes
et restent ancrées dans des spécificités locales. Souvent, la transformation des
protestations en contestation politique institutionnalisée est difficile. Parfois, si
l'institutionnalisation a lieu, elle ne prend pas la forme d'une force progressiste et
démocratique.
Ce volume enrichit les analyses des protestations civiles et articule des analyses
des exemples récents en Bulgarie, Roumanie, Turquie, Maroc, Chine, et Italie.