La Sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers (1858-1914)

L'élargissement des frontières de l'Europe a remis au premier plan de l'actualité
la question des gens du voyage. Dès 1830, la Belgique, État libéral, se trouve
confrontée à la gestion de ces groupes familiaux, sans identité nationale. Cette
recherche examine le regard porté sur les Tsiganes par l'administration de la
Sûreté publique au XIX<sup>e</sup> siècle. Sur la base des dossiers conservés aux Archives
de l'État, l'auteure montre comment le regard positif sur ces populations, bien
accueillies dans la société rurale, se transforme, après la guerre de 1870, avec
l'industrialisation et le renforcement des frontières nationales. L'image positive
des Tsiganes cède le pas à une vision pessimiste de ces groupes familiaux
venus de l'Est, soupçonnés de menacer l'ordre social et de troubler la nationalisation
des sociétés européennes. En contrepoint de cette perception négative,
le nombre réduit des groupes surveillés par les forces de l'ordre démontre combien
la circulation des Tsiganes perturbe bien moins les populations locales que
les partisans du maintien de l'ordre étatique.