Les Etats-Unis, de Bush à Bush : les failles de l'hyperpuissance

L'Amérique dont hérite Barack Obama est née dans la période
de Bush à Bush. Un legs en forme de cadeau empoisonné : une
récession historique, deux guerres et des méthodes de lutte
contre le terrorisme qui ont mis à mal la tradition démocratique
américaine.
L'espoir des «dividendes de paix», né après la chute du mur
de Berlin, a été enseveli dans les décombres des attentats du
11 septembre 2001. Ce qui n'a pas changé ? L'injustice à la
source de l'embrasement de Los Angeles en 1994 : elle reste
éclatante, une décennie plus tard, après la dévastation de La
Nouvelle-Orléans par l'ouragan Katrina.
Dans l'intervalle, les années Clinton ont été celles d'une
paralysie assurée par la «révolution conservatrice» de 1994,
puis par l'affaire Lewinsky et la procédure de destitution du
président. George Bush, le président «mal élu» en 2000, a
gaspillé la bonne volonté mondiale et nationale de l'après 11-septembre
aussi rapidement que son père avait gâché les chances
de l'après guerre froide. Son second mandat, entamé sous le
signe du doute sur les raisons réelles de l'invasion de l'Irak et
terminé dans une récession économique sans précédent, a
ouvert la voie à Barack Obama, improbable candidat au sauvetage
du «rêve américain».