Louis Jullien : musique, spectacle et folie au XIXe siècle

Michel Faul n'en est pas à sa première monographie
d'une personnalité musicale excentrique de la première
moitié du XIX<sup>e</sup> siècle. Il a conté par le menu
détail et avec humour - le sujet s'y prêtait il est vrai - la vie
pour le moins aventureuse du compositeur et harpiste Nicolas-Charles
Bochsa (1789-1856) qui s'illustra aussi comme
escroc, voleur, faussaire et bigame ! Le voilà, à présent,
lancé sur les traces de Louis Jullien, chef d'orchestre,
compositeur de pièces à danser et organisateur de concerts
dont le nom est tout au plus connu des biographes - les plus
avertis ! - de Berlioz.
Personnage extravagant, certes, et jusqu'à la mégalomanie,
que ce Louis Jullien, précurseur des concerts Wiener* et
dont le dynamisme extraordinaire jamais en défaut, suffisant
à compenser ses insuffisances techniques, lui permit d'atteindre
son noble but : «distraire le public, tout en l'éduquant
à la musique, en lui ouvrant de nouveaux horizons
musicaux et des mises en scène loin du conventionnel de
l'époque».
Les musicologues plus spécialement portés vers les problèmes
socioculturels du XIX<sup>e</sup> siècle, «siècle d'action et de
conquêtes» (Émile Zola), trouveront leur compte dans ce
récit basé sur une documentation sérieuse qui n'exclut pas
pour autant la vivacité et même l'humour dans la narration.
* Dans les années vingt, Jean Wiener organise ses fameux «concerts salade», cocktails musicaux
dans lesquels
musiques classique, contemporaine et populaire faisaient bon ménage.