Rikimbili : une étude sur la désobéissance technologique et quelques formes de réinvention

Depuis un demi-siècle, la situation économique sinon politique,
a placé les Cubains devant l'obligation de se substituer à une
industrie défaillante et à faire durer les objets industriels au-delà de
toute vraisemblance. Ils ont dû faire preuve d'astuce, imaginer des
détours, trouver des solutions ingénieuses, bref inventer un système
industriel familial. Cette production, qui réalise un usage optimal
des ressources, réinterroge les matières industrielles, les besoins
des individus, la durée de vie des objets et leur signification. Tout
le processus productif classique et ses résultats est bouleversé.
«La désobéissance technologique n'est pas seulement le refus et
la transgression de l'autorité des objets industriels et des modes de
vie qu'ils contiennent et projettent. Elle incarne surtout une déviation
face aux aspérités économiques du contexte cubain» affirme Ernesto
Oroza. C'est parce que le besoin et l'usage deviennent centraux dans
la nouvelle perspective d'emploi raisonnable des ressources et de
réduction de la consommation à l'échelle planétaire que l'expérience
cubaine de production familiale peut montrer au design et au secteur
industriel, comment des individus - sous la contrainte - ont su oser
cette alternative.