Langue française et identité nationale

Avec l'arrivée de M. Sarkozy à la présidence de la République en
mai 2007 et la mise en place du gouvernement Fillon, la droite
française a repris à son compte les thèmes fascisants de l'extrême
droite sur l'«identité nationale» - expression qui entre désormais
dans le nom du ministère «de l'Immigration, de l'Intégration, de
l'Identité nationale et du Codéveloppement». Cette notion d'identité,
faute de pouvoir être légitimée par l'affirmation de sa vérité -
elle ne peut en effet être fondée que sur des distinctions d'origine,
d'ethnie ou de couleur de peau - fait appel à la langue : il faut
désormais parler français pour venir vivre en France.
Dans le même temps - la coïncidence n'est pas un hasard - le
cognitivisme qui domine aujourd'hui les sciences humaines tend à
faire oublier la dimension politique de la linguistique.
C'est pour rappeler cette dimension qu'on a jugé utile de réimprimer
ces trois textes :
- Ernest Renan, «Qu'est-ce qu'une nation ?», conférence faite en
Sorbonne le 11 mars 1882 ;
- Michel Bréal, «Le langage et les nationalités», Revue des deux
mondes , 1891, p. 615-639 ;
- Antoine Meillet, «Les langues et les nationalités», Scientia
n° 18, 1915, p. 192-201.