Kant et la science : la théorie critique et transcendantale de la connaissance

Le présent volume, «Kant et la science. La théorie critique et transcendantale de
la connaissance», correspond à la première partie des Actes du 9<sup>e</sup> Congrès de la
Société d'Études Kantiennes de Langue Française «Kant, la science et les
sciences», qui s'est tenu en 2009 à l'Université Lyon III. Il analyse, en amont du
dialogue de Kant avec la pluralité des sciences, la fondation kantienne du savoir
objectif en général. Il étudie, à partir de la doctrine critico-transcendantale
kantienne des conditions de la scientificité, le lieu d'articulation entre la science
au singulier et les sciences au pluriel. Il décrit les mécanismes par lesquels Kant
constitue à la fois une science une, universelle, comme système de connaissances
totalisables (au même titre que la raison ou la philosophie sont une), sur la base
de la nouvelle science qu'est la philosophie critique (et son prolongement en
philosophie transcendantale), ou du moins dont le criticisme nous donne l'Idée, et
une épistémologie polymorphe, polyvalente, une doctrine des principes des
sciences ayant autant de facettes qu'il existe de savoirs positifs constitués. Il s'agit
ici de distinguer le savoir du non-savoir ; de définir ce qui fait d'une discipline une
science ( Wissenschaft ) au sens propre, ou au sens impropre ; et de comprendre
comment les sciences s'ordonnent selon Kant en un système rationnel hiérarchisé,
conformément à l'architectonique de la raison, comprise comme art des systèmes
(de connaissances). D'où l'accent particulier porté dans le présent volume sur
deux sciences particulières, qui, pour des raisons différentes, ne font pas nombre
avec le reste des sciences, à savoir la logique («vestibule des sciences»,
socle minimal commun à toutes les sciences) et la métaphysique (science
architectonique suprême, jadis «reine des sciences», aujourd'hui déchue de son
rang et que Kant s'efforce de réformer, voire de révolutionner).