Madame Roland : une femme en politique sous la Révolution

Etre une femme engagée dans l'action politique, telle était,
en un temps où le gouvernement n'était pas l'affaire des
femmes, la vocation profonde de Marie-Jeanne Phlipon,
guillotinée pour ses idées et son action le 8 novembre 1793,
à 39 ans.
La petite bourgeoise surdouée et d'un charme ensorcelant a
trouvé dans le Rousseau de La Nouvelle Héloïse son maître à
penser et à vivre. Nouvelle Julie, elle épouse un administrateur
compétent et un savant vertueux en la personne de Jean-Marie
Roland de la Platière, de vingt ans plus âgé. Ecrivain au talent
éclatant, épouse vertueuse et mère allaitante, providence des
indigents, collaboratrice de son mari inspecteur des manufactures
puis deux fois ministre de l'Intérieur, encyclopédiste, amie
et conseillère de plusieurs hommes jeunes qui firent la
Révolution, comme Pétion, Brissot, Louvet, et amoureuse
passionnée de l'un d'entre eux, Buzot, Mme Roland a tenu tous
les rôles que l'accélération foudroyante de l'histoire lui présenta.
Emportée dans la chute de ses amis girondins, elle fit preuve,
face à la mort, d'un rare courage. L'histoire de sa vie offre un
prodigieux exemple des enchaînements du coeur et de la raison
chez une femme habitée par la passion du bien public.