Les Arméniens dans le commerce asiatique au début de l'ère moderne. Armenians in Asian trade in the early modern era

Les Arméniens dans le commerce asiatique au début de l'ère moderne. Armenians in Asian trade in the early modern era

Les Arméniens dans le commerce asiatique au début de l'ère moderne. Armenians in Asian trade in the early modern era
2008418 pagesISBN 9782735112043
Format: BrochéLangue : Français

La poussée de la navigation occidentale au-delà du cap de Bonne Espérance et l'activité connue

des diverses compagnies des Indes sont les références habituelles auxquelles renvoie le commerce

de l'Asie entre le XVI<sup>e</sup> et le XVIII<sup>e</sup> siècle. Les Européens ont pourtant rencontré sur les routes de l'Asie,

maritimes ou continentales, des communautés marchandes bien établies qui, au gré des circonstances

et avant la colonisation, ont été aussi bien leurs concurrents que leurs partenaires. Les Arméniens,

déjà présents en Europe, sont l'une d'elles ; le principal réseau commercial qui les représente à partir

du XVII<sup>e</sup> siècle est celui de la Nouvelle-Djoulfa, un faubourg arménien fondé près d'Isfahan après la

déportation de l'Arménie du Centre-Est par le chah de Perse Abbas I<sup>er</sup> en 1604-1605.

En se déployant d'Amsterdam au Bengale et au Tibet, et jusqu'aux îles Philippines, en prenant appui

sur toute une série de ports et d'étapes répartis des rives de la Baltique ou de la Méditerranée à celles de

l'océan Indien ou de la mer de Chine, le réseau commercial formé par les Arméniens de la Nouvelle-Djoulfa

a de quoi susciter la curiosité, sinon la passion de l'historien. Il n'a pas manqué de surprendre

aussi les contemporains : de la Nouvelle-Djoulfa, dont il découvre le faste grandissant, le chevalier de

Chardin dira qu'il est peut-être le plus gros bourg du monde ; Gabriel de Chinon y verra, lui, une

petite république. Pourvoyeurs d'épices, de tissus, de soie, des produits les plus variés des Indes ou

de l'Europe, les marchands arméniens sont aussi les financiers du chah de Perse, les ambassadeurs

de l'empereur d'Éthiopie ; ils deviennent armateurs dans l'océan Indien, maîtrisent les techniques

comptables et commerciales en usage en Orient ou en Occident, négocient avec les souverains ou les

compagnies. Ils tentent également, alors que se construit le monde moderne, d'y faire une place à leur

nation, à la fois ancrée dans un pays partagé et déterritorialisée.

Dans la lignée de quelques travaux pionniers, ce livre réintègre dans le champ de l'histoire un long

moment du commerce intercontinental, significatif non seulement des cheminements du capitalisme,

mais d'une étonnante aspiration à mettre les nations sur le rang des États.

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