De voyou à pov' con : les offenses au chef de l'Etat de Jules Grévy à Nicolas Sarkozy

Insulter le chef de l'État est une tradition bien française ; c'est
également un délit particulier, prévu par l'article 26 de la loi sur
la presse de 1881, qui punit l'offense au président de la République
d'une amende ou même de prison.
Depuis 1974 et une annonce officielle de Valéry Giscard
d'Estaing, il n'y avait plus de poursuites pour offense
au président en France. «Accordéoniste de mes
deux, enflé de Chamalières, vieux beau, peigne-cul,
Giscard à la barre», pouvait s'amuser Libération sans
être poursuivi.
Et puis, par la grâce d'une simple pancarte brandie devant
Nicolas Sarkozy («Casse-toi, pov' con»), le délit d'offense au
président de la République a resurgi en France en 2008.
Qu'un tel texte existe encore au XXI<sup>e</sup> siècle n'est certainement pas
un drame, mais tout de même : derrière l'offense au président se
cachent le droit à la critique, la liberté d'expression, l'insolence de
l'insoumission. Et faire l'histoire des insultes au président, c'est
raconter l'évolution d'une société, de sa langue, de son degré
d'acceptation de la critique. Mais aussi, tout simplement, du
combat politique.