Joli papa. Rien qu'une vie plus tard

Joli papa
Une main m'arrache le livre. Un bébé aux yeux bleus me regarde avec un beau sourire, tout
heureux de la farce qu'il vient de faire. Il tient à peine sur ses jambes. Ses cheveux blonds
flambent dans la lumière. J'ai un hoquet, je... je reconnais cet enfant ! Il y a si longtemps
que je l'attends avec son père. Sa démarche vacillante me dit qu'il va tomber. Je tends les
bras pour lui éviter la chute et, d'instinct, le serre contre moi. Tout heureux, il gazouille à
mon oreille. J'ai comme une immense tendresse qui m'envahit. Mes yeux se mouillent.
- Ronan ! Arrête d'embêter ce monsieur. Viens voir papa !
Tout à la joie de ce petit corps, si doux, si fragile contre le mien, j'avais presque oublié
son géniteur. Je lève les yeux. Il est assis sur un banc, à quelques mètres, face au mien. Il a
lâché le journal qui avait distrait son attention pendant quelques secondes. Le choc de sa
beauté me broie le coeur. Je serre plus fort son fils comme si je le tenais, lui. Le bébé, ravi,
passe ses petits bras autour de mon cou. Je lutte contre mon émotion et parviens à dire :
- Il ne me dérange pas. Il est adorable... Laissez-le-moi, une minute.
Très dur, lorsqu'on est un jouisseur invétéré, de tomber amoureux d'un inconnu rencontré
par hasard. Encore plus dur de s'apercevoir que l'objet de vos rêves est l'heureux
papa du plus charmant bambin qui ait jamais existé. Avais-je le choix ? J'ai également
eu le coup de foudre pour l'adorable bébé. Le fils n'a pas été très difficile à conquérir.
Quant au joli papa, ce fut une autre histoire...
Un récit bourré de sentiments, avec ses joies, ses peines et ses émotions. Aurélien va
utiliser tous les moyens pour séduire Michel. Y parviendra-t-il ?
Pédro Torres
Rien qu'une vie plus tard
- L'électro est plat. C'est fini. Une embolie cérébrale.
Le son s'interrompt au moment où je vois une blouse blanche débrancher un appareil.
Qu'est-ce que je fous là, au plafond ? En bas, je les vois tous se lamenter. Je vois mon Milou
couché sur moi. Sur moi ? Sur moi !!! Je me contemple, la tête bandée, immobile,
les yeux grands ouverts. C'est bien moi ! Une main charitable vient de fermer mes
paupières mais je me vois toujours et je vois tous les autres.
Oh ! Mon dieu, c'est pas possible ! Je suis mort ! Je suis mort sans m'en apercevoir.
La foi n'est pas la seule à pouvoir soulever des montagnes. L'amour peut faire encore
plus fort. Cette histoire délirante vous entraîne dans une cascade d'événements cocasses
et surprenants.
Pédro Torres