Gallia, archéologie des Gaules, n° 72-1. La naissance des capitales de cités en Gaule chevelue

Si les quelques lignes de Dion Cassius et Tite-Live sur les
années 15-12 av. J.-C. laissaient deviner une intervention
décisive d'Auguste dans l'organisation des cités de la
Gaule Chevelue conquise par César, ponctuée par la
fondation, déterminante d'un point de vue politique,
de l'autel du confluent à Lyon, il manquait encore un
bilan archéologique récent sur la mise en place des
villes chefs-lieux, corollaire inévitable de la formation
des cités. Selon quels rythmes, quelles modalités, quels
projets urbanistiques, les villes capitales de cités furent-elles
créées ? Quels en furent les acteurs, humains et
divins ? Peut-on déterminer les implications de chacun
des partis, romain et local, et l'importance de l'héritage
protohistorique ? Le modèle urbanistique de la ville
méditerranéenne adapté aux contextes historiques gaulois
répond-il à une réalité archéologique ou à un «Idealtyp» ?
Ce volume présente une enquête archéologique large,
fondée sur l'étude de dix-huit capitales de cités, d'Auch/ Elimberris
en Aquitaine césarienne à la Nimègue
des Bataves aux limites de l'Empire, et intégrant les
résultats les plus récents des chantiers urbains. Sont
ainsi dévoilées les premières traces de l'urbanisme des
villes romaines de Gaule intérieure (ornières, fossés,
alignements de trous de piquet, fosses d'extraction des
matériaux), de même qu'est mis en évidence le rythme
saccadé du développement des projets urbanistiques,
avec des accélérations témoignant sans aucun doute de
situations de négociations où les programmes développés
à l'échelon local ont répondu à une volonté pressante du
pouvoir romain. Ces dossiers archéologiques, inédits pour
une grande part, permettent de proposer une synthèse
en deux parties sur un processus historique fondamental
qui marque l'avènement de la civilisation municipale en
Gaule.