Louisiane, la théâtralité comme force de vie

lettres francophones
Loin d'être un hommage posthume aux grandes heures de la Louisiane, ce livre est un pari sur leur formidable pouvoir de régénération. Une force de vie que l'auteur démontre dans cette étude littéraire biséculaire. Aux années sombres de la francophonie lors des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles, les Créoles blancs, Créoles noirs, Hommes de couleur libres et Cadiens ont répondu par une littérature de combat, multiple et matricielle. Consumé avec la loi de 1921 interdisant l'usage du français, le « phoenix » d'Acadiana renaît splendide après 1968 et la proclamation de la Louisiane bilingue. Avec lui se déroulent les masques grotesques portés par des corps qui s'amarrent à l'encre du texte. Le corps social se rapaille dans le corps romanesque, alors même que l'érotisme violent des liaisons culturelles éloigne les clichés qui encagent l'esprit louisianais francophone. Les Louisianais sont vétérans d'ouragans. La seule perte possible de leurs langues ne se trouve ni dans Katrina, ni dans la boue de BP, mais bien dans l'oubli et le folklore. L'oiseau lyre américain survolera encore longtemps le domaine des Lettres francophones.
En 2008, Cécilia Camoin soutient sa thèse de Littérature comparée à l'université Paris-Sorbonne. Alors étudiante au Centre international d'études francophones, elle voit dans la Louisiane des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles un condensé de littératures, au croisement des cultures françaises, acadiennes, africaines et américaines. L'assimilation, l'utopie, le carnavalesque, la théâtralité, la diglossie, autant de questions chères à l'auteur, qui a en outre établi et exploré d'autres pistes louisianaises et littéraires lors de nombreux colloques et articles.
La Sorbonne éditeur-imprimeur depuis 1470
En 1470, Jean Heynlin, prieur de la Sorbonne, installe, dans le cadre universitaire, la première imprimerie française. L'atelier, animé par les prototypographes Ulrich Gering, de Constance, et Michel Friburger, de Colmar, imprime en Sorbonne les ouvrages destinés à la communauté universitaire : classiques latins et ouvrages d'érudition pour les étudiants et leurs maîtres. Ce fut l'origine de l'édition en France.